Porter “Les 7 bonheurs de Jean de l’âne” au théâtre, c’est faire entendre la parole de Max Rouquette en équilibre entre le corps et l’esprit, quand la philosophie se fait chair. Il y a toujours de l’audace, de la part d’un auteur, à dépeindre d’une manière réaliste les souffrances intimes qui nous animent et cette audace est aussi drôle que bouleversante. Le conte “Les 7 bonheurs de Jean de l’âne” est une métaphore de l’histoire de l’Occitanie et j’ai eu envie de restituer ce texte en 2010 : ne pas le réduire à une histoire vernaculaire mais au contraire lui donner sa dimension universelle.
Où en sont les pays aujourd’hui ? Ils sont souvent sous le joug des plus importants qui d’un côté leur font profiter de la modernité mais d’un autre nivellent toutes spécificités culturelles. Vous avez dit “Mondialisation” ? Ou comment vivre ensemble à l’heure du procès du multiculturalisme ?
J’ai choisi de faire de Jean de l’âne l’allégorie du clandestin, de l’étrange, du migrant: sa langue est celle du souvenir des apatrides, elle raconte les histoires de personnes. Chassés-croisés d’individus sur les traces du Bonheur, j’ai voulu porter le conte au cœur de la cité, à travers l’œil, le regard et l’esprit de chacun quand il perçoit avec sa sensibilité créatrice.
Le cadre est l’élément majeur de la scénographie, il porte l’histoire de Jean de l’âne. Il permet le hors-cadre où se raconte aussi une histoire. Celle qui fait écho à ce que nous vivons en ce moment dans nos sociétés.
“Les 7 bonheurs de Pénélope C.” s’interroge sans faire de morale, le seul but étant de susciter la réflexion, l’émotion et le rire. Myriam François
Il était une fois, Pénélope C.... Artiste contemporaine de renommée inter nationale, Pénélope Cabucel est invitée par sa ville natale à proposer sa vision artistique du conte de Jean de l’âne. À l’occasion de ce retour aux sources, l’artiste nous entraîne dans les rues de son enfance. Philippe Foulque, chargé de mission aux affaires culturelles et Véronique, assistante bénévole, vont accepter avec plus ou moins d’enthousiasme de se mettre au service de l’Art et de l’histoire de Jean de l’âne. Celle-ci racontée à travers le prisme de la plasticienne et de ses installations amènera tout un chacun à trouver son propre bonheur. Mais un personnage rôde autour de l’événement : Joan, spectateur de ce qui se construit sans lui, va peu à peu prendre part à l’évènement.
Se jouant du cadre et du hors-cadre, les personnages convient le public au plaisir du jeu et les invitent à renouer avec leur espace de vie. Le lieu étant le berceau des histoires de l’homme, celles qu’il y construit, celles dont il se défait, celles dont il rêve.
Il était une fois, Jean de l’âne... Conte de Max Rouquette
Jean de l’âne pourrait vivre très heureux sur ses terres fertiles et abondantes. Il a deux garçons forts et vaillants, deux filles très belles et une femme douce et aimante. Cependant, il lui manque quelque chose pour advenir au bonheur parfait : il n’est pas le cousin du roi. Un jour, ses terres sont dévastées par la chasse du roi cependant Jean de l’âne a l’honneur de recevoir ce dernier chez lui, en ami et cela constitue son premier grand bonheur... Quelque temps plus tard, Le roi fait quérir la femme de son nouvel ami pour soigner ses rhumatismes. Il envoie les fils de Jean de l’âne conquérir la Mongolie intérieure. Il aménage les terres de Jean de l’âne en les rendant accessibles à la modernité. Il donne aux filles de Jean de l’âne le moyen de servir la patrie en remplaçant leur mère, remerciée. Enfin, il le reconnaît comme son frère, alors même que Jean de l’âne seul, ruiné mais heureux n’est plus que l’ombre de lui-même. Le Roi, dans un ultime geste noble, amical et fraternel qui fait qu’il est roi, élève Jean de l’âne au rang de comte et le pare de ses plus vieux atours. C’est ainsi que Jean de l’âne connaît ses 7 bonheurs.
Ecriture – Mise en Scène : Myriam François
Création musicale : Aimé Brees
Scénographie : Lyllie Rouvière
Costumes et accessoires : Valérie l’Hôte
Avec : Aimé Brees, Anouk Germser, Benoit Ramos, Anne Thouzellier
FICHE TECHNIQUE
Spectacle de rue déambulatoire
tout public, sur trois espaces
Durée : 1h20
Prix du spectacle sur demande.
PARADIS, ETC... Théâtre et musique - Bilingue occitan / français
Ce spectacle a vu le jour en 2008 grâce à la complicité de quatre comédiennes et deux musiciens issus du spectacle "Les Fenêtres qui parlent de Max Rouquette".
Il y avait l'envie de renouer avec la création collective.
C'est une adaptation théâtrale des textes de Max Rouquette "Vert Paradis" (éditions du Rocher) mêlés à de la poésie occitane : Jean-Marie Petit, Jean-Pierre Tardif, Danielle Julien, Roland Pécout, Aubin Bonnet, Aurélia Lassaque avec en italien "il dio caprone" de Cesare Pavese.
Le plateau est dépouillé : quatre chaises et un décor sonore créé en direct par les musiciens présents sur le plateau. Quatre femmes donnent vie aux personnages de Max Rouquette . Le parcours va de l'enfance à la mort, du singulier à l'universel de l'horreur au sublime. Les poèmes dits ou mis en musique ouvrent le chemin, enveloppent, répondent au récit.
Ces quatre femmes mordent à pleines dents dans les histoires qu'elles racontent. C'est ainsi que l'on passe du "grand chien roux au regard triste, entraîné par des mains d'enfants dans les ténèbres épaisses d'un figuier..." à celle où " dans ce mas perdu de la Camargue, chaque mois à la pleine lune une fille venait...", celle du "Dieu bouc" qui entraîne femmes, hommes et animaux dans sa rage folle dévastatrice, ou celle du "Masot, qui aimait les jeunes filles…" pour finir par le renard dans le bassin.
Le spectacle propose un univers entre enfer et paradis qui ressemble étrangement à celui d'aujourd'hui.
On éprouve un avant-goût du paradis quand on connaît un moment de bonheur. C’était le cas ce dimanche 27 avril à Fozières pour les spectateurs privilégiés de la dernière création d’Art Compagnie, justement intitulée Paradis Et cetera... adaptation sensible et intelligente... les spectateurs se sont laissés enchanter par ces récits tragiques d’une beauté à vous couper le souffle. Car il s’agit d’un spectacle essentiellement féminin, pris en charge par quatre comédiennes dont l’énergie et le bonheur de jouer emportent l’adhésion ...
Deux musiciens, Aimat Brees aux percussions, saxo et clarinette et Pascal Bouquet à la guitare, accompagnent discrètement et en retrait, leurs quatre partenaires, avec une abnégation proportionnelle à leur talent contenu.
ART Compagnie a alterné avec un sens exact du dosage récits et poèmes, français et occitan, passages chantés et joués, scènes en solo ou collectives, tragiques et comiques, tout cela dans un rythme enlevé qui chasse de la salle ce diable qu’est l’ennui. Il faut enfin parler de la mise en scène débordante d’invention, réalisée par Isabelle François. MIDI LIBRE LODEVE
... Myriam François, Angélique Grandgirard, Laure Poudevigne et Anne Thouzellier, avec la complicité musicale de Pascal Bouquet et Aimé Brees, ont tenu en haleine un public ravi de parcourir d’une façon aussi originale une partie de l’œuvre de ce grand poète occitan qu’a été Max Rouquette. MIDI LIBRE BEZIERS
Avec Pascal Bouquet, Aimé Brees, Myriam François, Angélique Grandgirard, Laure Poudevigne , Anne Thouzellier
Musique originale:
Aimé Brees : percussions et clarinette
Pascal Bouquet : guitare
Mise en scène : Isabelle François
Création lumière : Bruno Matalon
FICHE TECHNIQUE
NOIR IMPERATIF
Plateau : Noir - Idéal 8m x 8m - minimum 6 m profondeur x 7m ouverture Boîte noire à l'italienne ou à l'allemande Hauteur sous poutres x 4m minimum
Lumière : 13 PC 1kw, 4 PC 650 w, 11 pars 64 (cp 62), 1 découpe Juliat avec Iris, gradateurs 24 circuits x 2 kw, 3 pieds projecteur
Plan de feux sur demande -
Pas de sonorisation
Montage : - 2 services - plus 1 service jeu + démontage
Personnel technique : 1 régisseur de salle pour l'installation.